___________________________________________________ Vous connaissez l'histoire de la petite fille qui voulait retrouver son père? Non? Laissez-moi vous la raconter...
Il
était une fois une fillette, que nous appelerons Isil, la lune. C'était
une petite fille joyeuse, au regard pétillant de santé et de joie. Elle
grandissait lentement, mais surement, et éclairait la vie de sa famille
de son énergie, et de son calme en même temps. Elle aimait la vie et
les animaux.
Toute son enfance fut bercé par la voix de sa mère,
et plus rarement celle de son père, qui n'était pas aussi présent
qu'elle le voulait, mais qui était là quand même. Elle grandit dans une
famille aimante, qui malgré des problèmes financiers, arrivait à
satisfaire ses caprices, ses désirs.
Toute ces années
basculèrent lorsqu'elle apprit la maladie de son père. Au début, tout
allait assez bien, elle arrivait à croire qu'il allait s'en sortir.
Après tout, les cancers, de nos jours, c'est guérissable. Un peu
inquiète, elle continuait d'avancer dans la vie, se sentant un peu
au-dessus de toute ces histoires, essayant de gérer tout cela de loin,
de ne pas être pris dans ce tourbillon. Chose impossible, puisqu'il
s'agissait de son père. Et qu'elle l'aimait.
Deux années, ou
trois la petite fille ne s'en souvient malheureusement plus, passèrent,
laissant l'homme dans de grandes faiblesses. Il devenait de plus en
plus clair pour Isil qu'elle allait perdre son père alors qu'elle
entrait dans la période de sa vie où elle avait le plus besoin d'un
homme auprès d'elle. La mort allait emporter le premier homme qu'elle
avait aimée et elle en était sur. Lentement, elle commenca à abandonné
les activités qu'elle faisait à l'école, mais elle en gardait tout de
même quelques-unes. Elle s'accrochait à une bouée de sauvetage.
C'est
une journée au ciel gris qui accueillit la mort de son père. C'est un
mois au ciel orageux qui marqua profondément Isil. Rapidement, elle
revint à elle et recommenca à vivre sa vie, mais elle savait qu'au fond
d'elle, un jour elle allait craquer.
Ce jour vint très
rapidement. Même pas trois ans après la perte de son père. Elle tomba
amoureuse. Amoureuse d'un garçon qui habitait de l'autre coté de
l'océan. Amoureuse à distance. C'était difficile à vivre pour elle,
mais elle supportait cela et attendait avec impatience ses prochaines
conversations avec le garçon qu'elle aimait. Isil se sentait sombrer un
peu, mais s'accrochait facilement à son nouvel amour, à ses nouveaux
amis.
Une soirée par contre fut une soirée de trop. Elle
commencait à sentir tout le poids des dernières années sur ses épaules,
tout ce qu'elle accumulait de son passé de petite fille innocent et
passa à deux doigts de se donner la mort. Elle ne fut pas capable
d'aller jusqu'au bout, elle repensait à son amour, si loin, sa mère,
qui portait surement encore le deuil de son amoureux. Et ses amis. Ils
avaient besoin d'elle. Isil avait donc rangé la lame de rasoir et avait
fini de se laver dans le noir, dégouté de ce qu'elle avait faillit
faire. Elle allait devoir se rependre. Ce qu'elle tenta de faire
pendant cinq mois. Au bout de cinq mois, elle ne tenait plus. En
revenant de cours, elle partit acheter un cutter et commenca à
taillader d'abord ses jambes. Ensuite, ses bras y passèrent. Pendant
deux autres mois.
C'est à la fin novembre qu'elle ne tint pas sa
promesse, celle de rester en vie et qu'elle appuya trop fort avec la
lame sur les veines de son poignet. Le sang commenca à s'écouler, en
plein milieu de la nuit. Et c'est le regard larmoyant qu'elle
s'éteignit. Inconsciemment elle avait préparée son acte. Elle avait
quand même envoyé un mail à son amour, lui expliquant que jamais ils ne
se verraient réellement, qu'elle ne supportait cette vie, cette
douleur. C'est à lui qu'elle pensait alors que son âme s'envolait et
prenait pied dans le long tunnel que tout les gens décrivent.
Sauf
qu'elle savait une chose. Son père était monté au Paradis, mais elle ne
monterais pas là-bas. Après tout, elle s'était donnée la mort. Jamais
elle ne pourrait mettre les pieds dans cet endroit pur, alors qu'elle
ne l'était pas... Elle continuait quand même d'avancer vers la lumière
et apercut les grilles du Paradis avec le visage de son père derrière
celle-ci ne comprenant pas ce qu'elle faisait dans cet endroit. Il
apercut alors les marques encore sanglante sur les poignets de sa fille
et son regard s'attrista. Il ne voulait pas revoir ses enfants de cette
façon là. Il réussit à convaincre les gardiens de sortir et s'approcha
d'Isil.
-Mon amour, pourquoi t'as fais ça?
-Je... je sais pas papa...
-Mais, si t'es là tu dois le savoir?
-Non... je suis désolé, vraiment...
-...
Il
ne répondit rien et se contenta de la serrer dans ses bras, avant qu'un
des anges le prenne par l'épaule pour le faire reculer et s'occuper du
nouveau cas qui venait d'arriver. Elle était son premier cas de
suicide... L'ange s'approcha d'Isil et la regarda, appuyant son regard
sur les blessures à son poignet qui ne guérissait pas, mais ne coulait
plus ou presque et déclara:
-Désolé Mademoiselle. Vous ne pouvez pas entrer.
-Je sais. Je peux au moins le serrer de nouveau dans mes bras, une dernière fois?
-Hum... allez-y
Isil
se dégagea de la poigne de l'ange et sauta dans les bras de son père,
les yeux pleins d'yeux, profitant de cette dernière étreinte pour lui
dire combien elle l'aimait et qu'il lui manquait. L'ange revint les
séparer, une lueur triste dans les yeux. L'idée de les séparer ne
l'enchantait guère mais c'était son boulot. Il remit à Isil une toge
d'un blanc sale et alors qu'elle enfilait le vêtement par-dessus ceux
qu'elle portait en ce moment, des ailes noir poussaient dans son dos.
L'ange prit alors la main de la jeune morte et l'entraina vers les
flammes de l'enfer qui allait l'héberger à ton jamais. Enfin, jusqu'à
ce qu'elle arrive à devenir totalement pure, à oublier ses blessures et
savoir pourquoi elle avait fait cela. Du boulot en perspective, du
boulot à faire seule...
Son père la regarda partir et retourna
au Paradis regrettant amèrement cette rencontre, qu'il savait des plus
douloureuse autant pour lui que pour sa fille. Les nuages portaient
encore les traces des larmes d'Isil mélangées des gouttes de sang qui
coulait encore de ses poignets...
_______________________________________________________ Cette histoire... c'est la mienne. À quelques exceptions près. Je ne suis pas particulièrement fière d'elle, de mon passé. J'ai omis plusieurs chose, mais elles pourraient avoir un impact. J'ai plutôt préféré laisser ça le plus sobre possible, sans rajouter d'autres évènements qui font ce que je suis aujourd'hui. La fin n'est pas la mienne... Et je ne l'espère pas ainsi... Larme
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